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Pierre Vanherck : L'art sort de son cadre

"Une pièce a priori destinée au feu peut prendre un nouveau tour pour devenir une œuvre d’art"

Le parcours de Pierre Vanherck est jalloné de rencontres, de surprises et de révélations qu’il sait écouter et surtout de l’audace, du savoir-faire et de la ténacité dont chacune de ses œuvres est empreinte.

 

La première fois que Pierre Vanherck pose les mains sur un tour, il est surpris lui-même d’effectuer les gestes d’un métier que personne ne lui a enseigné. Très vite, il fabrique sa première canne, dont un connaisseur lui affirme qu’elle est « de bonne facture ». C’est une révélation pour lui. Dans le stock acquis en même temps que ses machines, un bois attire son attention – une petite voix lui dit de ne surtout pas le débiter pour en faire des stylos… Renseignements pris, il apprend qu’il s’agit d’un bois précieux datant du XIXe s. destiné aux cannes de prestige. Voilà un premier défi qu’il est heureux de relever : travailler ce bois que personne n’a osé toucher depuis plus de 150 ans.  

 

Il ne s’arrête pas là, bien au contraire. Avant de décider de quitter son emploi pour sa passion du bois et la liberté de créer, Pierre Vanherck était électromécanicien dans un centre de recherche. Il développait des logiciels pour mesurer le coéfficient de dilatation des matériaux de construction. 

 

 


 

Ce qui le fait vibrer, c’est la magie qui s’opère dès que le bois est sur le tour et révèle sa fleur, quand il livre « qui il est ». En quelques secondes, une pièce a priori destinée au feu peut prendre un tout nouveau tour pour devenir une œuvre d’art. Si Pierre Vanherck « rêve » ses créations, il les réalise presque dans l’instant et chaque partie l’émerveille au fur et à mesure qu’elle naît sous ses doigts, avant même qu’il ait terminé de les imaginer. La création prend le dessus sur la pensée. L’histoire s’écrira ensuite.

 

Ce qui le motive, au-delà de ce plaisir, c’est de dépasser les limites et de réaliser ce qui semble impossible pour créer l’inédit : assembler de manière harmonieuse et esthétique des matériaux qui par les lois de la physique ne peuvent pas l’être. Après des mois de recherches, enfermé dans son atelier à tester des alliages de métaux et la résistance des bois, Pierre Vanherck invente la formule - dont il garde le secret - qui permet de couler du métal en fusion dans le bois tout en le préservant. 

 

Cette prouesse unique au monde fait sa renommée aujourd’hui. Il en ajoute une autre, celle de sertir des pierres précieuses et des diamants dans les pommeaux, trompettes et fûts de canne. Il s’estime d’ailleurs « chanceux » de pouvoir allier des essences de bois et des pierres précieuses en provenance du monde entier depuis son atelier de Lillois. Rien de l’arrête. Il réinvente les cannes-systèmes, intègre une puce d’authentification,... 

 

Pendant ce temps viennent les reconnaissances dont celle qui le surprend encore aujourd’hui : en 2009, il réalise la canne du Pape Benoît XVI.

 

L’élégance, l’esthétique, son secret et son savoir-faire lui valent de nombreux prix qui le mènent toujours plus loin. Aujourd’hui, « Mystères de création » est une étape supplémentaire dans son parcours. Elle porte ses cannes à leur juste place : exposées dans un cadre, éclairées et mises en mouvement, elles existent uniquement pour le plaisir d’être admirées et de faire rêver.

 



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